Enfance et origines de la famille Cézanne
Paul Cézanne nait à Aix-en-Provence, le .
C'est un enfant né hors mariage de Louis Auguste Cézanne, âgé de 40 ans, qui le reconnaît, et d'Anne Élisabeth Honorine Aubert, ouvrière chapelière, 24 ans.
Selon la théorie la plus connue, le père serait originaire d’une commune piémontaise appelée Cesana Torinese, tandis que selon Romano Pieri, ses origines seraient à rechercher à Cesena, comme rapporté sur une autocertification, conservée dans les archives du musée Cézanne, demandée par le galeriste Vollard, cependant des études généalogiques récentes semblent démontrer l'ascendance aixoise sur au moins quatre générations et une plus ancienne dans la paroisse de Saint Sauveur du diocèse d'Embrun dans les Hautes-Alpes en 1600.
Son père est chapelier, d'origine très pauvre, et demeure 55, sur le cours, aujourd'hui le cours Mirabeau, où il travaille à la chapellerie Carbonel qu'il a fondée et que tient une parente d'Anne Aubert.
L'enfant est baptisé le à l'église de la Madeleine. Le naît une sœur, Marie. Le , Louis Auguste Cézanne épouse Anne Aubert qui a pour dot ses économies d'ouvrière.
Le , Louis Auguste Cézanne ouvre la banque Cézanne et Cabassol, de son nom et de celui de son associé au 24, rue des Cordeliers. La famille est relativement aisée.
Paul Cézanne enfant suit les cours de l'école communale, puis de l'école catholique Saint-Joseph. Il s'y lie avec Henri Gasquet.

Débuts dans la carrière de peintre
À l'origine des pommes et de leur symbole...
Paul Cézanne fréquente le collège Bourbon (devenu le collège Mignet), où il se lie d'amitié avec Émile Zola, Jean-Baptiste Baille et Louis Marguery (avoué à la Cour). Ils sont «les Inséparables».
Un jour, Paul Cézanne défend dans la cour de récréation le jeune Zola. Le lendemain, pour le remercier de son action, Zola lui offre un panier de pommes. Les pommes sont un des motifs caractéristiques du peintre dans ses
natures mortes pendant toute sa carrière. Des années plus tard, Cézanne déclarait à Joachim Gasquet: «Tiens! Voici les pommes de Cézanne, elles viennent de loin!».
Cézanne y est élève de 1852 à 1858. Il est reçu au baccalauréat ès lettres avec la mention «assez bien» le .
Le naît sa seconde sœur, Rose, dont Paul est le parrain. Le domicile des Cézanne, où Paul habitera en alternance avec la bastide du Jas de Bouffan de 1850 à 1870, est situé au 14, rue Matheron à Aix-en-Provence.
À partir de 1857, il suit des cours à l'école de dessin d'Aix-en-Provence (actuel musée Granet), d'après le modèle vivant et les plâtres et sculptures conservés au musée, sous la direction de Joseph Gibert, le directeur et conservateur du musée et ce jusqu'en 1861. Bon élève, en particulier en mathématiques, en 1858, il passe son baccalauréat avec succès et entreprend sans enthousiasme des études de droit à l'Université d'Aix à la demande de son père. La même année, Cézanne semble être tombé amoureux d'une inconnue qu'il croise quand il va au lycée.
Le , Cézanne reçoit le second prix de peinture de l'école gratuite d'Aix-en-Provence pour «une étude de la tête d'après le modèle vivant à l'huile et de grandeur naturelle».
En 1860, Cézanne abandonne ses études de droit pour monter à Paris. Son père lui paye un remplaçant pour le service militaire.
Un physique d'athlète mais…
Cézanne mesure 1,75 m, il est d'un «tempérament doux comme un enfant», parle avec un fort accent provençal, nasillard et roulant les r et redoublant les m si violemment qu'il en fait «littéralement vibrer la vaisselle "].
«D'une timidité souffrante» selon le mot de Zola, pudique jusqu'au malaise, Cézanne pouvait être très narquois et ironique, mais aussi sujet à de brusques colères, de plus, s'il était touché ou effleuré par inadvertance, ses réactions pouvaient être violentes.
Cézanne a été diagnostiqué diabétique en 1890 (à l'âge de 51 ans) et il souffre (par crises) de rhumatismes, de céphalées et de prurit de la peau, qui avaient été soignés par le docteur Gachet dès 1872.
Selon Jean Renoir qui cite son père Auguste Renoir: «Cézanne ressemblait à un hérisson. Ses mouvements semblaient limités par une invisible carcasse extérieure, sa voix également.
Les mots sortaient prudemment de sa bouche, marqués d'un invraisemblable accent aixois, un accent qui n'allait pas du tout avec les manières contrôlées, exagérément polies.
Ce contrôle craquait parfois. Il proférait ses deux injures favorites, «châtré» et «jean-foutre»
Vidéo sur Paul Cezanne
Quelques tableaux de Paul CEZANNE
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